lundi 27 août 2012

VIDEO/ Michel Sasseville avec une classe en Suisse ( Document RTS)



La Chaux-de-Fonds: des ateliers de philosophie sont organisés chaque mercredi après-midi pour des enfants







Lien vers un document internePenser par et pour soi-même
La philosophie peut-elle être utile à des élèves de l'école primaireet si oui sous quelle forme? Michel Sasseville, de passage en Suisse romande pour y former des enseignants, explique le comment et le pourquoi.
Michel Sasseville, Université Laval (Québec)
Michel Sasseville, Université Laval (Québec)
Selon lui, c'est une évidence: «Les attitudes fondamentales – comme l'impartialité, l'objectivité ou l'écoute – qu'on acquiert avec la pratique de la philosophie sont utiles pour tous les autres domaines d'éducation.»Michel Sasseville, Professeur agrégé de l'Université Laval (Québec) et formateur d'enseignants va même plus loin: «La pratique de la philosophie avec des enfants peut instaurer un dialogue dans les foyers où il n'y en avait plus, notamment lorsque les discussions entamées à l'école se poursuivent en famille.» Wow! Mais comment ça marche?
Un peu d'histoire 
L'origine de ces discussions philosophiques adaptées aux enfants remonte à la fin des années soixante. À l'époque, un philosophe américain nommé Matthew Lipman cherche un moyen de rendre cette matière accessible aux plus petits. Il publie à cet effet un bref roman destiné aux 10 – 12 ans: La Découverte de Harry Stottlemeier, accompagné d'un guide pédagogique.
Ce roman met en scène un groupe d'enfants qui, ensemble, découvrent la logique. Le scénario préfigure la forme que prendront ces pratiques philosophiques d'un nouveau genre, celle de «communautés de recherche» au sein desquelles chaque membre prend une part active.
Presque 40 ans plus tard, il s'agit toujours de créer les conditions permettant aux enfants de «penser par et pour eux-mêmes, de se remettre en question». Les livres et guides pédagogiques servant de support à cet exercice se sont par contre multipliés puisqu'on en compte aujourd'hui plus d'une vingtaine.
Ne pas toujours compter sur les adultes 
Le déroulement d'une séance est assez simple, même si une formation pédagogique préalable est nécessaire. Après lecture d'un passage de l'histoire, «l'animateur» demande aux élèves ce qu'ils on jugé important ou ou ce qui les a rendu perplexes. Leurs réponses et, surtout, leurs questions, servent de point de départ à la discussion. L'enseignant se charge de la relancer, de s'arrêter sur un point discutable, en somme d'aider les enfants à créer leur propre communauté de recherche philosophique.
Ainsi, avec les plus petits, il est intéressant d'aborder des notions pouvant paraître anodines. Michel Sasseville cite un exemple: «Lorsqu'on demande à un enfant de quatre ans de «dire la vérité» ou «d'être raisonnable», que comprend-il vraiment?» Le soin de l'explication est laissé aux élèves eux-mêmes, «… ce qui leur apprend à ne pas toujours compter sur l'adulte de service.» Quant aux grands thèmes abordés, ce sont ceux, éternels, de justice, liberté, amour, démocratie, etc.
En classe, ça fuse 
On imagine déjà les sceptiques: «Pourquoi des enfants s'intéresseraient-ils à des concepts si complexes?» On peut tout d'abord répondre que les livres qui leur sont destinés sont adaptés à leur âge. Ensuite que cette branche n'est pas sanctionnée par une note, ce qui permet à chacun de s'exprimer sans appréhension. Enfin, comme le dirait Michel Sasseville avec son bel accent: «Parce qu'il faut arrêter de prendre les enfants pour des idiots!»
Car en classe, le verdict est sans appel: ça fuse de tous côtés. Même les élèves d'habitude en retrait se piquent au jeu et tentent leur chance. Normal, il n'y a pas forcément de bonnes ou de mauvaises réponses, juste des nouvelles pistes, des occasions supplémentaires pour relancer les débats, «une investigation des possibles plutôt qu'une course à la bonne réponse».
Assister à une de ces discussions est décidément une expérience à part. Les élèves, quel que soit leur âge, font preuve de ressources insoupçonnées et de bien plus de maturité qu'on ne leur en prête. À ce titre, le film réalisé par Arte à l'École Active (GE) est révélateur, surtout lorsqu'il montre des enfants s'interroger sur les notions de «réalité» et d'«imaginaire». Effet bluffant garanti. (Franck Sarfati – 12.04.07)


Source RTS


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